Jean Maurice – La chanson de Roland

Sur la chanson de geste : « Si le genre montre si peu d’attirance pour l’analyse, s’il présente le plus souvent un récit morcelé en tableaux assez autonomes, c’est aussi par prédilection pour les combats, qui, en eux-mêmes, dans leurs causes et dans leurs conséquences, permettent la facile mise en oeuvre de la catégorie de la démesure. » (page 20).

« Leur division en laisses assonancées indiquent en effet qu’elles sollicitent la musicalité de la langue. Les laisses (numérotées dans les éditions modernes) forment des groupes de vers homogènes sur le plan du contenu (elles offrent une unité thématique) et de l’expression (elles se caractérisent par le retour d’une même assonance. » (page 23)

« Les laisses enchaînées : elles reprennent, au début de la laisse suivante, sous une forme plus ou moins semblable, ce qui a été dit à la fin de la laisse précédente. (cf 148, 149) »

« Les laisses à reprise bifurquée : le jongleur entonne la laisse suivante en reprenant un passage qui ne se trouve pas exactement à la fin de la laisse précédente.  » (cf 267, 268)

« Les laisses parallèles : très souvent inaugurées par des vers initiaux semblables, elles présentent des actions parallèles mais généralement distinctes et accomplies par des personnages différents. » (cf 70-78 ; 218-225 ; 232-234)

 » Les laisses similaires : elles se caractérisent par une halte dans la narration. C’est cette pause, parfois difficile à apprécier; qui permet de les distinguer des laisses parallèles. » (cf 171-176)

Sur l’auteur de la Chanson de Roland : « On ne s’étonnera donc pas d’en être réduit aux conjectures sur l’auteur de la Chanson de Roland. Le seul indice dont on dispose est le dernier vers du poème tel que le transcrit le manuscrit d’Oxford : « Ci falt la geste que Turoldus declinet. » Mais cette phrase pose plus de problèmes qu’elle n’en résout, car on ne sait pas exactement ce qu’elle veut dire. Si l’on comprend sans peine le début de cet explicit (« Ici se termine… »), on hésite sur la signification des autres termes. » (page 48)

Ci-joint un tableau qui détaille tous les sens possibles du dernier vers de la Chanson de Roland.

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