Dans la boutique d’un shipchandler

Dans ma mémoire gisent – comme des objets hétéroclites (ancres, chaînes, chemises, crayons, papier) dans la boutique d’un shipchandler où les navigateurs viennent se réapprovisionner – un certain nombre d’évènements dont beaucoup peuvent être regardés comme ridicules ou ignobles ; mais la « bassesse » même qui se trouve attachée à presque tous ces évènements et la peur, la répugnance extrêmes que j’éprouve à les évoquer ont pour résultat, même quand ils n’ont pas pour héroïne une femme immédiatement terrifiante, de faire de celles qui y ont été mêlées des Judith (moins, dans ce cas, par leur attitude à elles-mêmes que par l’attitude écrasée que j’adoptai à leur égard). »

(Michel Leiris, L’Age d’homme)

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