Sextine et morale élémentaire

L’un des aiguillons pour la composition de Pb, c’est de travailler sur une forme dont la naissance m’est contemporaine (disons l’inverse plutôt, les vaches en seront mieux gardées !). Et l’un des fils directeurs du recueil pourrait être « l’histoire » (je note provisoirement ce mot, dans l’attente de mieux), même commençante, de la morale élémentaire. Du coup, intuitivement, je commence à explorer l’évolution de quelques formes anciennes et en parcourant le livre de Lartigue consacré à la sextine, je tombe sur ceci :

« Si l’on ne tient compte du mouvement qui l’anime, la sextine ressemble à ces chefs-d’œuvre d’ébénisterie dans les alvéoles desquels on tenta de ranger naguère les éléments du monde : l’ombre, la vie, les jours, la mort, les plumes, le vent, le bois, la voile, l’étoile, l’onde, le port, le feu, le froid, la neige, le chaud, la glace, le soleil, la flamme, les fleuves, les plages, les vallées, la brume, le cœur, la lumière, le temps, les pierres… Et tous ces mots capables d’engendrer la rêverie tournent et s’assemblent comme les fragments mobiles de verre colorié au fond du kaléidoscope. »

La dimension artisanale, les éléments d’un monde… et surtout ces fragments de kaléidoscope me sont comme autant d’échos.

Mais en donnant à la sextine la devise du capitaine Nemo gravée sur Le Nautilus, il me conforte dans une distinction que je faisais récemment : la morale élémentaire, elle, est mobile dans l’immobile.

(Pierre Lartigue, L’hélice d’écrire, la sextine, Les Belles Lettres, coll. « Architecture du verbe », 1994.)

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