Urania

Lu dans la revue Formules N° 12, ce poème Uranie, de Jaroslaw Iwaszkiewicz.

Uranie, sœur résineuse, je t’ai donné ce nom
Car le doigt de ta cime pointe vers le ciel.
Le vent qui se lève dans ta noire crinière
S’apaise près du sol. Ma sœur, je te somme,

Comme jadis le devin couronné de gui,
Afin que tu demeures au seuil de ma maison,
Que tu gardes la fleur, le fruit et l’abeille,
Et les cœurs qui s’éteignent ici en secret.

Uranie, muse du jour qui verra le terme,
Déesse de la fin et de tout ce qui dure,
Déesse de destruction, déesse du mal,
Prends ma maison en garde, gardienne du néant.

Prends-moi dans ta crinière, soeur folle, sauve-moi,
Arrache ces bras qui ne pousseront plus
Ensevelis-moi, donne-moi ta couronne,
Que je sois à mon tour arbre et néant.

Sailly, le 2 février 1980

(traduction de Constantin Jelenski)

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