Sur le sonnet

En lisant Le sonnet contemporain (revue Formules N° 12), je relève ceci qui intéresse l’histoire d’une forme fixe, et qui reste à confronter avec la jeune morale élémentaire.

« Non seulement les formes ont une histoire comme aussi les définitions de la poésie, mais encore la fixité qu’on reconnaît à certaines de ces formes ne garantit en rien leur stabilité. Ce sont peut-être d’ailleurs les formes dites « fixes » qui rendent le plus fortement sensible l’historicité de la poésie, dans sa pratique comme dans ses représentations. Quoi de commun entre un sonnet de Jean de Sponde et un sonnet de Tristan Corbière ou de Charles Cros ? »

« Le sonnet n’est pas simplement une forme fixe qui, de manière paradoxale, serait fortement variée ; il est une forme fondamentalement non-figée. Ou pour le dire de façon radicale et oxymorale : l’invariant générique du sonnet est sa variation. Cette thèse principale, disant que le sonnet incarne par définition la variabilité, peut être précisée de la façon suivante : Le sonnet est une forme originairement combinatoire ; à sa base, il y a permutation des rimes, proportionnalité des nombres et jeu. Et c’est précisément de là que lui viennent sa fascination séculaire, sa longévité, son internationalité, son adaptabilité et sa modernité. »

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