à qui dirait tu perds le fil je répondrais je le tiens

Le labyrinthe, ce lieu commun que l’époque de l’hypertexte essaie d’interroger, en voici une  belle instance :

– à qui dirait tu perds le fil je répondrais je le tiens
Ariane ma sœur ne t’en va pas
il faut que tu restes et que tu le dises
que tu leur dises que chenal et labyrinthe
sont une seule et même forme
agitée dans la main d’un dieu mort
déguisé en ce taureau
que Thésée le macho a pourfendu
inaugurant l’efficacité du Capital
tout comme l’a fait l’autre tranchant le nœud gordien
nous laissant sur les bras un monde
où ceux qui dénouent patiemment les fils
seront toujours battus par ceux qui les tranchent
mais, Ariane, au moins tu nous restes
et la pelote est inextricable
et tu l’as su à Naxos deux fois abandonnée
devenue dans le ciel
araignée du matin et du soir.

Jean-Christophe Bailly : Basse continue

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