Couper découper

Lancé sur la première vague de mon recueil, dont vous pouvez déjà voir quelques échantillons,  je feuillette un vieux dossier sur le cut up. Je me retrouve des passages soulignés de différentes couleurs (panne ou relecture ?) et reconnais cette impression toujours alternative de n’avoir pas fait un progrès ou d’avoir retrouvé la bonne voie.

J’opte aujourd’hui pour la seconde.

que dire de la Brigade des ciseaux disparue ? je suis un cut up vivant. avant tout un embrayeur de récit. sa présence, silencieuse, est celle d’une écoute. abandonner la vieille ordure verbale. le discours politique à tout jamais se révélera une cible de choix. nous savons que nous vivons dans un cut up, que nous-mêmes sommes un cut up. le surgissement à partir de deux textes, sans liens mais accolés, d’un troisième et nouveau texte qui joue un rôle de révélateur. l’architecte ne crée pas les pierres de la maison : il les place. découper c’est reconnaître le monde tel que nous l’appréhendons : fragmenté. découper les textes des autres, c’est revendiquer consciemment le mécanisme inconscient de l’influence littéraire. l’étape suivante du cut up, c’est, au-delà de l’acte physique de découper les mots et de les recoller, recopier un texte que l’on aime, le commenter dans le courant même de son déroulement, l’enrichir de notre propre vie, de nos propres textes. notre texte. c’est un trou de verdure et le premier en France. l’art du centon est celui de composer un texte en juxtaposant exclusivement des citations. le jeu n’est pas fait pour colorier une structure, mais pour l’inventer autre, en puisant au fond de sa culture et de soi-même.  apprendre à exister sans religion, ni pays, ni alliés. apprendre à vivre seul en silence. la disparition élocutoire du poète. le grand cut up de l’an 2000.

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