Sonnet de Bernard Noël

Dans ce petit livre d’un poids terrible, la torture passe à la question du vers, et le poète fait parler le bourreau – le poète cuisine le bourreau jusqu’à ce qu’il parle – jusqu’à ce qu’on lui voie l’intérieur : jusqu’à ce que bée, flagrant, le vide – le vide vertigineux et méchant qui prolifère et règne en maître dans la coquille creuse que sera toujours un bourreau. (présentation de l’éditeur)

 

s’ils crient bourrer la bouche
un coup de rasoir
résumera les aveux

morceaux de cervelle
autour des têtes

l’œil est un encrier
assez vite vidé
nous traitons la peau à la pince
grande soirée
une batte
écrabouille le visage

mais quoi
on ne prend que leur vie
rien de plus
tandis que nous

 

Bernard Noël, Sonnets de la mort, éditions Fissile, 2007

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