Quel hypertexte pour la poésie ?

Je reprends en tête de ce nouveau carnet de notes  un texte, Du poème référencé, écrit au tout début de ce site et où j’affirmais – parmi les 3 genres de poésie numérique admis par commodité – ma préférence pour l’hypertexte. Il y était question de la polysémie du lieu et de l’importance du référencement pour le poème numérique.

Le souhait de voir le poème bien positionné dans les moteurs de recherche était idéaliste (or c’est bien confronter le désir aux faits probants qui motive ce carnet) pourtant le principe demeure. Le livre numérique est décevant pour la poésie, déjà au niveau éditorial : le format epub convient parfaitement à la prose mais montre vite ses limites dans les mises en page complexes. Surtout, même s’il autorise les liens externes, il conditionne le recueil dans un emballage.

Le livre (je devrais peut-être dire hyperlivre ?) ne doit pas être « un fichier, mais une URL, un contenu en ligne pleinement intégré dans le web », mais ce n’est pas un accès web poreux (tel que prévu pour une pratique marchande) que je souhaite pour mes textes, mais un accès totalement ouvert. Et davantage, chaque poème doit disposer de sa propre URL : citable, réutilisable. Une porte d’entrée dans le recueil. Ou stèle qu’on heurte à l’improviste. C’est ce que l’on pourrait regretter sur la bibliothèque libre Wikisource (qui fait un travail très utile par ailleurs), de tout voir édité sur une seule page web (rouleau).  Mais je reconnais que c’est plus pratique.

Le poème doit laisser un espace aux commentaires. Ce dernier terme désigne des pratiques qui peuvent être très différentes. Alors pourquoi ne pas établir une typologie des rôles du lecteur. En songeant au poème qui « pourrait agréger les conversations sur lui-même » ; en imaginant qu’au lieu de consulter une bibliographie et de partir en quête des ouvrages, on accèderait à toutes les gloses depuis sa page.

Que permet l’hypertexte dans la composition d’un recueil de poèmes ? Comment lier des poèmes – en particulier à forme fixe (c’est semi-fixe qu’il faudrait dire en fait) comme le sonnet ou la morale élémentaire, donc clos sur eux-mêmes.

Voilà autant de fils qui dépassent de la pelote. Envie de tirer pour voir où ils mènent.

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