Rassemblé de par la dispersion

–Maurice Blanchot

J’y serre mes gloses

Le poème a toujours risqué la dispersion : citations, commentaires, remixes… Qu’elle soit imprévisible empêcherait de l’anticiper ?

Voyons ce que peut donner une recherche sur Un coup de dés jamais n’abolira le hasard. Aucune fluidité, entre divers articles glanés sur un moteur de recherche et une bibliographie – un seul livre numérique – sans possibilité de consulter en ligne les tables des matières. Le numérique et le papier comme deux mondes à part. Un hiatus. 

Internet dispersera toujours plus mais il pourra rassembler. J’aimerais voir une page qui accueillerait et l’édition d’une œuvre et l’ensemble des conversations qu’elle suscite. Je vois bien là une ébauche (et là encore) mais faut-il avoir confiance dans les institutions, publiques ou privées (l’affaire des livres indisponibles ou encore mon fournisseur internet qui coupe l’accès à Facebook au gré de ses inspirations, interrompant brutalement une conversation qui me tient à cœur).

Agréger donc toutes les conversations, sans les filtrer. Assumer aussi le sens péjoratif de « glose ».

J’ai longtemps cru (effet de l’habitude ?) que le temps consacré aux recherches en bibliothèques faisait partie de la quête, mais y perdrais-je vraiment si j’avais tout « sous la main » ? J’y gagnerais en tout cas du temps pour la lecture.

Et surtout, étendue devant mes yeux, la vision d’une œuvre  dans son « inquiétude sans limite et que le livre ne peut contenir, qui exclut de lui tout contenu, tout sens limité et complet. » (Maurice Blanchot, Le livre à venir)

 

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