Répondant posthume

L’imperfection forcée de l’œuvre sert à mettre en évidence une perfection spirituelle réduite à demeurer presque entièrement intérieure. Ce type de rapport d’inégalité est tellement lié à l’affirmation de la subjectivité souveraine, que nombre d’écrivains de l’âge « moderne » (du romantisme à Valéry, et au-delà) s’éditeront eux-mêmes comme Montaigne a édité La Boétie en adoptant eux-mêmes le rôle du répondant posthume : l’inachevé, le fragmentaire, le texte brisé, offerts comme un jeu où l’écrivain n’a pas engagé toutes ses forces ou n’a pu saisir l’infini que visait son désir, seront autant de preuves d’un excès de la libre subjectivité sur ses propres produits. »

Starobinski, Montaigne en mouvement

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