un semblant de sieste

–James Sacré (Le mâche-laurier, N° 13-14)

Mon apprentissage doit beaucoup

Mon apprentissage doit beaucoup aux revues de poésie (mais d’abord il m’a fallu gagner la bataille de l’argent car leur abonnement coûte au lecteur comme à l’éditeur, à moins de passer au numérique, l’exemple à suivre) : Action poétique en premier lieu, plus tard Le mâche-laurier, Le Cahier Critique de Poésie, Java. Celles dont on ne parle ni à l’école ni à la maison. Le réseau des passeurs, lui, formerait un véritable hypertexte dont j’ai perdu à peu près tous les liens. Le premier pourrait être Bruno Grégoire avec un livre paru chez Seghers (la mémoire numérique se passe volontiers de quelques restitutions).

Mon grand-père, ce maître ignorant m’a enseigné l’art de dormir les coudes sur la table. Chaque jour congédier sans ambages toute pensée pour deux heures d’un répit impeccable.

Analogiquement, je conçois dès ma première morale élémentaire l’écriture de poésie comme un semblant de sieste.  Ou rémission dans le flux d’une maladie.

Intuition intimidante. Pour un débutant, que sa parole est fragile.

Chaque matin c’est remettre en jeu les possibles, et je prends dans la forme à Queneau un cadre à méditations contraintes.

Tu vois Pérégrine, le recueil et ces marges, cela pourrait s’appeler « Le médit ». Si j’écrivais un livre.

 

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