L’air dur, la casquette en cuir

L’air dur, la casquette en cuir et les tatouages plein les bras : le type codifié du voyou local.  Hello my friend, can I help you ? Cheapest beer ? Best massage ? Je réponds en viet, fais virer la conversation sur un bord moins commercial. Inéluctablement sur la famille, qui a son lot de malheurs. Son fils de cinq ans s’est fait ouvrir le ventre à l’hôpital et ne peut pas marcher. Les larmes montent vite. On se quitte sur une bonne poignée de mains.

Réceptionné en poste restante Le musicien de Reznikoff. Je le sors de son emballage et le parcours en patientant au garage. J’hésite entre 2 lignes, fasciné par le mécano qui décharne la direction, retire le guidon comme on décollerait la tête d’un cou.

Je comprends que devant l’immense tâche d’épuisement du lieu, on soit tenté par le réel de la photographie. Mais pour moi qui ai du mal à voir cette ville en peinture, c’est avec la meule des mots que je dois aiguiser mon sens de l’observation.

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