Archives de la catégorie : Dans les coulisses

Notes orphelines, qu’aucun projet n’adopte.

Sans queue ni tête

Si les mots n’ont pas changé de sens au dernier mot du poème, à quoi bon l’avoir écrit ?

Ce que j’ai longtemps refusé d’admettre

Ce que j’ai longtemps refusé d’admettre – dans la peur d’avoir trouvé à me disculper – c’est qu’écrire n’est pas une question de volonté. C’est atteindre un point où courage et lâcheté, modestie et ambition, s’annulent, le travail tel que se maintenant de lui-même. « Je ne suis pas un artiste – comme c’est grossier –

Dernier geste

Le dernier geste épuise parce qu’on le sait définitif. Seul l’infini repose.

Il aura passé sa vie

Il aura passé sa vie à chercher ce qu’il faut faire et comment l’énoncer. Le jour où ces parallèles se croisèrent, sitôt dit sitôt fait : il est mort.

15 poèmes de Hô Xuân Huong, traduits du vietnamien

A la demande de Liliane Giraudon, pour sa revue IF, j’ai réalisé en 2004 la traduction de quinze poèmes sur la soixantaine que compte l’oeuvre de Hô Xuân Huong, la poétesse vietnamienne. Les voici mis en ligne et disponibles en téléchargement gratuit au format PDF, sur la nouvelle page consacrée aux traductions des poèmes de

Cinquième saison

Entre 2 cauchemars, un rêve apaisant : revenant d’un suicide parfait, je revisite mes lieux de mémoire. Assagi, l’oeil tranquille, j’examine la table d’où je me suis risqué dans le vide. C’est une planche de bois – solide à rassurer – hérissée de petits témoins par un enquêteur minutieux. Qu’est-ce au juste ? Sans doute

W comme wagon

Ma vie est comme un train à petite vitesse qui aurait déraillé sans violence, quitté le ballast sur son erre, poursuivi jusqu’à la mort du mouvement en rase campagne. Il va rester là le temps de repasser le film de son voyage. Alors voilà, mon nom commence par un w, w comme wagon.

Aux archéologues du futur

L’entreprise peut être vue comme archaïque car un site, au contraire du livre, n’est qu’un seul exemplaire, ou pour le dire au hasard plus prétentieux, monument, qui s’abandonne aux futurs coups de peinture, ravalements de façade et graffitis, bref à son hypothétique conservation.

Un Montaigne de l’hypertexte

M.E.N. disant qu’il n’avait pas encore vu de Mallarmé de l’internet. Outre qu’on peut se demander ce qu’il entendait par là (L’imprimerie a-t-elle sorti un génie de son chapeau ?) (Lui qui use du medium pour régler ses comptes avec l’édition), me semble plus salutaire cette subjectivité inédite que nous ferait miroiter un Montaigne de

Je devais rester chez moi ce matin

Je l’avais soigneusement évité depuis une semaine, mais je devais rester chez moi ce matin. Cette fois, cela a commencé par des jurons qu’on s’échangeait sous ma fenêtre en curant les égouts. L’électricité a été coupée (la deuxième fois connue cette semaine), ensuite l’eau. Puis se sont succédés cris d’enfants, perceuses et ballet de camions.