Archives de la catégorie : De mémoire

Anthologie personnelle de poèmes mis en mémoire.

Sonnet, de Théophile de Viau

Non recueilli dans les Œuvres poétiques, ce sonnet de Théophile de Viau que Baudelaire cite à la fin de Mon cœur mis à nu, tire le motif du songe érotique vers la nécrophilie. Je songeais que Phyllis des enfers revenue, Belle comme elle était à la clarté du jour, Voulait que son fantôme encore fît

Les Regrets, Sonnet 87

Petite magie, qu’un aussi vieux sonnet permette cette opération élémentaire de lecture : l’identification. Jusqu’à ce verbe « s’étranger », qui donne envie d’en retrouver l’usage, injustement oublié. D’où vient cela, Mauny, que tant plus on s’efforce D’échapper hors d’ici, plus le démon du lieu (Et que serait-ce donc, si ce n’est quelque dieu ?) Nous y

Urania

Lu dans la revue Formules N° 12, ce poème Uranie, de Jaroslaw Iwaszkiewicz. Uranie, sœur résineuse, je t’ai donné ce nom Car le doigt de ta cime pointe vers le ciel. Le vent qui se lève dans ta noire crinière S’apaise près du sol. Ma sœur, je te somme, Comme jadis le devin couronné de

Moment, poème de Victor Segalen

Ce que je sais d’aujourd’hui, en hâte je l’impose à ta surface, pierre plane, étendue visible et présente ; Ce que je sens, – comme aux entrailles l’étreinte de la chute, – je l’étale sur ta peau, robe de soie fraîche et mouillée ; Sans autre pli, que la moire de tes veines : sans

Timidité, poème de Pierre Reverdy

Après un voyage trop long et des insomnies prolongées, seule la plus grande joie vient t’attendre. Sans aucune certitude ni garantie avec tous les efforts, seulement permis et promis, tu n’es plus seul et prêt à marcher, n’importe où. Le monde te confie sa force en échange de ta confiance. Tu ferais toutes les démarches

Gelée blanche, poème d’Olivier Larronde

Neige de deux hivers ne se reconnaîtraient Ni vous ne figerez les plis de mon eau froide, Gel du poème, ou son fouillis ne ferez roide. – Plus que de l’épervier les demeures m’effraient, Quand l’aurore me donne à sa serre féline, Plus l’indiscret oiseau dont je suis la volière : Mésange – cœur de

Devoirs, poème de Jean Follain

Retrouver un fil d’or dans la maison mortuaire garder intact en mémoire le hameau d’argile regarder avec miséricorde les travaux minutieux épouser un corps un soir de fête en hommage à la vérité nue sont les tâches qu’elle se donne avec ses yeux éblouis. Jean Follain, Exister