Inspiration

Perros, Papiers collés I :

« Vivre c’est enregistrer. Ce qu’on appelle l’inspiration, ce ne sont que les moments privilégiés où la cire humaine trouve aiguille adéquate. »

Perros, Papiers collés II : « Qu’un homme dise que l’inspiration, connais pas, il suffit de le lire pour vérifier le bien-fondé de sa déclaration. L’inspiration, c’est le travail même. Et réciproquement. »

Queneau, Odile : « On l’oppose à la technique et l’on se propose de posséder de façon constante l’inspiration en reniant toute technique, même celle qui consiste à attribuer un sens aux mots. Que voit-on alors ? l’inspiration disparaître : on peut difficilement tenir pour inspirés ceux qui dévident des rouleaux de métaphores et débobinent des pelotes de calembours. Ils se traînent dans le noirâtre espérant y déterrer les marteaux et les faucilles qui briseront les chaînes et sectionneront les liens de l’humanité. Mais ils ont perdu toute liberté. Devenus esclaves des tics et des automatismes ils se félicitent de leur transformation en machine à écrire ; ils proposent même leur exemple, ce qui relève d’une bien naïve démagogie. L’avenir de l’esprit dans le bavardage et le bredouillement ! J’imagine au contraire que le vrai poète n’est jamais « inspiré » : il se situe précisément au-dessus de ce plus et de ce moins, identiques pour lui, que sont la technique et l’inspiration, identiques car il les possède suréminemment toutes deux. Le véritable inspiré n’est jamais inspiré : il l’est toujours ; »

Maj du 12/05/14

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