Réveil

Dès que je me lève, je vais occuper ma place au balcon, sur un tabouret de plastique bleu, modèle unique de la marque…

Un café à ma gauche, une cigarette à ma droite. J’ouvre lentement les yeux sur ce qui n’en finit pas de m’étonner. J’entends siffler dans les arbres.

Ma première tâche consiste à fondre les idées noires qui flottent à la surface du présent. Je sais que le tapage prématuré de la ville n’est pas un recours.

Alors je pense à ma mort future. Je n’en sais pas plus que vous, mais l’idée d’un néant éternel m’est plausible. Il n’y aurait plus rien d’autre qu’une poignée de souvenirs chez les survivants.

Dispersion épuisante.

L’important c’est d’y croire. Voici donc ma dernière volonté [… mais chaque mise à jour de ce dictionnaire n’en est-elle pas une… ] : qu’on me brûle et disperse. Je n’ai rien contre une petite plaque avec mon nom pour qui me connaît par mon état-civil.

La mort est à la portée de tous. Aucun gardien pour en barrer l’accès, non, c’est plus distrayant : des fumigènes aux couleurs d’arc en ciel.

Alors je tends à généraliser le manque de confiance. Mon entourage, que je m’ingénie à réduire, ne sait pas ce que je fais : il ne suffit pas d’ôter le masque aux choses, il faut encore écarter les témoins.

Maj du 04/07/11

2 commentaires

  • « il ne suffit pas d’ôter le masque aux choses… »
    S’interroger ou parler de la mort amène toujours de la vie. Freud disait que sur l’adage si vis pacem para bellum, il proposait  » si vis vitam, para mortem ».

    J’explore votre site. Avec beaucoup de plaisir. merci. Bon week end.

  • Merci. Rien de morbide en effet. Vous voyez juste, comme dans votre blog. Je l’ajoute à ma page de liens. Au plaisir de vous lire.

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