J’ai reçu mon bouquin. Paraît que c’est un roman-poëme. Première nouvelle.

–Georges Perros

C’est avec un roman en vers

C’est avec un Roman en vers que Raymond Queneau fait son entrée en poésie : Chêne et chien.

Malgré ce tour en parenté de force, Georges Perros s’étonne, à la sortie de Vie ordinaire, de cet heureux mélange des genres.  Il veut qu’un livre ait un sexe.

Pour qu’il en désire un autre.

Il y aurait je crois beaucoup beaucoup de choses à dire sur ce rapport entre amour et lisibilité.

De confiance en un récit qui emporte l’anecdote dans la continuité de la vie. Se déshabiller, étendre ses vécus à la fenêtre et dormir d’un vrai sommeil.

Ce genre de livres me donne la nostalgie. Plutôt, comment dire, d’un temps d’avant ma naissance. Depuis je n’ai pas quitté un certain escalier d’après-cave. Des marches à une porte élue provisoire, le temps de la lumière, de mes prévenances.

Question de minuterie.

Un dernier mot sur l’échappatoire contemporaine.

Le romancier le plus imaginatif s’inspire de ce qu’il vit. L’autobiographe le plus honnête n’échappe pas à la fiction de la mémoire. Nichant dans un entre-deux mercatique : l’autofiction.


Décidément, Pérégrine

Décidément, Pérégrine, cette prétendue révision n’est qu’une relecture. Je ne change quasiment rien à la vague des romans. Tu as reconnu peut-être lesquels — choix curieux en contraste avec ta joie — je t’avais prêtés ? J’écarte définitivement les 33 jours. J’ai compris que cet épisode historique fonctionne comme une fascination, depuis des années le mouvement de […]


On peut jouer

On peut jouer sa vie à pile ou face. Mais il y a des paris à honorer plus lentement. Laissons défis et challenges aux Pascals d’opérette, veux-tu ?


Pardonne si je m’explique

pardonne si je m’explique, Pérégrine, toujours de travers, mais j’ai oublié les causes et les effets alors je relis relie relis relie relis je travaille à l’organisation de ce que j’ignore car on vit d’un seul exemplaire


Nouveau printemps à Hanoï

Nouveau printemps à Hanoï. A 99% d’humidité, la végétation mouchette la ville de ses moisissures. La révision du recueil serait moins sporadique si je pouvais. Travail oblige. Je t’envoie déjà la première vague des harmonisations. Elles devaient sonder mon désir d’écrire. Pas la vocation dont nous rabâchent certains fanatiques. Qui appellerait ? Pour quel objectif […]


Retour en prose

Versailles m’était conté !  chapeau bas selon l’usage en vigueur, je récitais une fois ce miracle, lourd de toute mon ignorance. Mais la ville ne s’en laisse pas conter, la ville indemne me renvoie aux tableaux changeants de ma mémoire.   Je n’ai pas en vue le désert lointain de ton enfance, mais je sais […]


Je ne sais pas si

Je ne sais pas si tu as conservé, Pérégrine, cette page arrachée aux Barricades mystérieuses, (de l’édition Gallimard de 1948, exemplaire numéroté 742). La mutilation du livre, ça laisse rêveur. Tu m’as reproché cet envoi. Cette tentative de sacrifice. Je l’ai recopié intégralement depuis, un autre exemplaire aura pris sa place chez Élisabeth Brunet. Reste […]


Le parti-pris du cheminement

Le parti pris du cheminement — car chemin ne ment — fait reposer le problème sur le point de départ. On peut supposer, tel un subtil Jacques Roubaud, que l’origine d’une forme est à chercher dans la forme de l’origine. Relire le premier cycle de morales élémentaires est une épreuve. Je le vois défiler derrière cet écran […]


Lectures de février 2015

Lectures de février 2015 : – Georges Perros : Une vie ordinaire – Raymond Queneau : Si tu t’imagines – Eddie Breuil : Du Nouveau chez Rimbaud – Tiphaine Samoyault : Roland Barthes – Roland Barthes : La préparation du roman I


Perdre la face à propos

Perdre la face, à propos des Asiatiques (première généralité), revient dans les conversations avec l’insistance d’un cliché. Normal : cette hantise de la honte c’est d’abord la nôtre. Le ridicule ne tue pas en France, mais sa peur oui, certainement. Dans La préparation du roman, Barthes parle de la superstition des auteurs qui leur interdit habituellement […]